Parcoursup : la douche froide pour les lycéens handicapés !

Article publié le samedi 17 mars 2018.

 

Témoignage d’un parent

 

Pour mon fils sourd actuellement en terminale et en pleine réflexion sur son avenir post bac, j'ai reçu hier ce courrier émanant de l'académie de Paris Dans les grandes lignes, ce que je retiens c'est que :

* L'accueil prioritaire des étudiants handicapés n'existe plus

* C'est à la famille et à l'élève d'évaluer en amont si l'établissement auquel il est candidat est accessible.

Je suis un peu choquée sachant que,de mon côté, ayant déjà interrogé quelques lieux qui intéressent mon fils, on nous a aimablement répondu,presque à chaque fois,que ce n'était pas accessible aux sourds ....

Que veut dire ce nouveau courrier? Que les élèves handicapés n'ont plus le choix de leurs études supérieures ? Qu'ils sont obligés d'aller dans les rares établissements accessibles ?

Que veut dire ce nouveau courrier? Que les élèves handicapés n'ont plus le choix de leurs études supérieures ? Qu'ils sont obligés d'aller dans les rares établissements accessibles à leur handicap ?

Des infos ? Des avis ? »

La plateforme parcours sup a  publié hier un » tweet » concernant la situation de Handicap de certains lycéens.

Sur l’ancienne version, APB, il était possible de cocher la case « situation de handicap », cela pouvait expliquer certaines particularités sur le parcours des lycéens, et certains besoins dans l’orientation.

Aujourd’hui sur « parcours sup », cette case n’existe plus.

Suite aux protestations de plusieurs associations de handicap, les gestionnaires de la plateforme ont publié un tweet

 
Lire l’article sur le site de l’UNAPEDA , cliquer sur le lien
 
Parcoursup : Candidat en situation de handicap : les démarches prévues

Enseignement adapté : Missions et activités des personnels chargés de l'accompagnement des élèves en situation de handicap.

Vous trouverez ci-dessous la circulaire n° 2017-084 du 35-2017 relative à l'accès à l'éducation et les prises en charges pour les élèves en situation de handicap.

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Enfants sourds: le monde des signes au cœur d'une classe bilingue à Rennes

Par AFP, publié le 09/02/2015 à 11:49, mis à jour à 11:49

Maxime Bouhours (g), enseignant de la langue de signes à l'école Châteaugiron-Landry, de Rennes, dans l'ouest de la France, le 5 février 2015

afp.com/Jean-Sébastien Evrard

 

Rennes - Des tables, des chaises, un tableau blanc, des pots de crayons de couleur, des élèves: à première vue, rien ne distingue des autres la classe de "CP-CE1 LSF" de l'école Châteaugiron-Landry à Rennes. Hormis le silence.

 

Et, au mur, une affiche représentant l'alphabet en langue des signes française (LSF), destinée aux élèves sourds de cette section bilingue, unique en Bretagne. 

Coups de coude, tortillements et gigotements quelques minutes avant la récré... Aidés de leur enseignant sourd, souvent accroupi à leur hauteur, qui échange avec eux des signes fluides et rapides, trois jeunes élèves localisent et écrivent sur leur carte de la Terre ses deux hémisphères et l'équateur.  

 

C'est un petit groupe de parents qui a réclamé l'ouverture de cette classe, dans la foulée de la loi du 11 février 2005 permettant aux parents d'enfants sourds de les scolariser, au choix, en parcours ordinaire ou bilingue "langue des signes française/français écrit". 

Elle a accueilli ses premiers élèves en 2012, malgré des difficultés liées au manque d'enseignants sourds ou maîtrisant la langue des signes, bannie de l'enseignement pendant près d'un siècle entre 1880 et les années 1980. 

 

Pilotée par Kerveiza, une institution d'accompagnement d'enfants sourds, en partenariat avec la ville de Rennes et l'Éducation nationale, elle scolarise une petite dizaine d'élèves, répartis entre la maternelle et le CP-CE1, tous nés de parents sourds. 

Grâce à ce parcours bilingue, choisi majoritairement par les parents sourds, la scolarité de leurs enfants est à mille lieues de ce que la plupart ont connu dans leur enfance: "j'étais en classe d'intégration, noyée, je ne pouvais pas communiquer, je criais, j'étais stressée, nerveuse", se souvient Stéphanie Crozat, née de parents entendants et qui a choisi la classe bilingue pour "l'épanouissement" de ses enfants.  

"Je naviguais entre les deux mondes, je ne trouvais pas ma place", renchérit une autre mère d'élèves, Jessica Jouanneau. "Ici, les enfants sont autonomes. Il n'y a pas d'accompagnement spécifique, mais un dialogue plus direct avec le professeur, c'est mieux". 

 

Ouverte sur les classes d'élèves entendants, notamment au travers d'ateliers communs, la classe bilingue fait la part belle au numérique et à la vidéo, "primordiale" dans l'enseignement d'une langue gestuelle, où le moindre mouvement fait sens, selon l'enseignant d'élémentaire, Maxime Bouhours. 

 

Pour ces élèves dont la LSF est la langue maternelle, l'enjeu de ce parcours est de taille, car l'enseignement de, et en, langue des signes leur offre un "modèle linguistique de qualité leur permettant par la suite d'entrer dans la langue française écrite", explique Xavier Debroise, chef de service de Kerveiza.  

 

A la clé : l'accès aux études supérieures, qui reste un parcours du combattant pour les personnes sourdes, victimes d'un taux d'illettrisme important. 

"On a fait le choix de cette classe bilingue pour que l'avenir de nos enfants soit aussi radieux que pour les entendants, qu'ils puissent acquérir des connaissances pour avoir une scolarisation normale, accéder à un niveau supérieur, voire l'université", témoigne Stéphanie Crozat, mère de deux enfants scolarisés dans cette section. 

 

L'enseignant offre aussi aux enfants un "modèle" adulte : "ils peuvent se dire : voilà, quand je serai grand je serai peut-être sourd mais je pourrai être aussi enseignant, ils ont l'image d'un adulte sourd avec une certaine position", souligne Xavier Debroise.  

Si la loi de 2005 donne aux parents le choix du parcours scolaire de leur enfant, "le dialogue a été difficile" avec l'académie pour l'instaurer, affirme Stéphanie Crozat. "On savait qu'ils faisaient des efforts mais c'était difficile, on ne pouvait pas mettre ça en place d'un coup de baguette magique", d'autant qu'au début "il n'y avait pas de professeurs sourds enseignant la langue des signes".  

Le capes de LSF a été instauré en 2010 et il n'existe pas de spécialité LSF au concours de professeur des écoles. 

"Depuis la loi de 2005, l'évolution est très lente, c'est à nous de pousser pour que les gens se réveillent et pour montrer que ça fonctionne''", reconnaît Jessica Jouanneau. 

Par AFP


La première école bilingue du département de l'Aube a ouvert ses portes cette année !

 

 

 

Voici l'article de Sourd.net, que l'on peut retrouver ici :

 

Pour la première fois dans l’Aube, une classe d’élèves sourds s’est ouverte hier matin. L’école Guingouin accueille huit élèves habituellement scolarisés au centre Chanteloup.

Hier matin, Dany et ses copains ont pris place face à Vanessa dans la nouvelle salle de classe spécialement aménagée

Ici, les signes ont remplacé la parole. Ici, Dany et ses amis peuvent étudier dans des conditions réelles. Seule différence par rapport à leurs autres camarades dits « entendants » dans les classes autour, ces huit enfants sont sourds.
En quelques mois, le centre Chanteloup a réussi à mettre en place cette innovation grâce à l’entière implication de la municipalité et de l’école, avec l’aval de l’Éducation nationale. Profitant d’une classe libre au sein du groupe scolaire, une salle a été spécialement aménagée pour accueillir ces petits élèves. Juste à côté, un espace a été créé pour accueillir les séances avec l’orthophoniste deux à trois fois par semaine.
Jusqu’alors, ces enfants suivaient leur scolarité à deux pas de là, dans le confort du centre. Mais depuis hier, ils se mêlent aux autres, se confrontant au rythme des enfants ordinaires. « C’est préparer leur avenir », insiste la directrice de Chanteloup, Marie-Odile Velut.
Ils viennent de l’agglo, de Bar-sur-Aube ou de Villenauxe et ont le niveau primaire. Leur enseignante, Vanessa, aidée par Philippe, éducateur, leur dispense l’enseignement classique en suivant les horaires du groupe scolaire.
L’intégration à Guingouin est naturelle. L’an passé, l’ensemble de l’école a travaillé sur un projet pédagogique dédié à la langue des signes. Comme un geste de bienvenue.
Même si certains avouent un peu d’appréhension, tous s’estiment heureux de ne plus être séparés des autres. « Pour discuter avec les entendants », dit Dany. « Parce que la cour de récréation est plus grande », ajoute Mathis.


Message des parents d'élèves de l'école Carle Bahon de Rennes, suite a leurs actions :
 
Ecole Carle Bahon : l’Inspection Académique fait la sourde oreille
 
Ce matin devant l’école maternelle Carle Bahon, nous, parents d’élèves, étions mobilisés contre la fermeture d’une classe et la dégradation des conditions d’accueil pour nos enfants, dont 11 élèves sourds qui sont scolarisés à l'école maternelle.
En effet avec 1 classe en moins, l’école compterait 3 classes de 28 élèves dont une qui intègre 4 enfants sourds et une de 36 élèves dont 7 enfants sourds !
Déjà inacceptables dans une école classique, de tels effectifs sont totalement aberrants lorsqu’on souhaite y intégrer des enfants sourds et malentendants. Ces derniers nécessitent en effet une attention toute particulière et ont besoin d’un environnement de travail calme.
L’Inspection Académique, faisant fi de la réalité des conditions d’enseignement dégradées que ces sureffectifs entrainent, nous renvoie à la loi de 2005 qui donne la possibilité aux parents de scolariser leurs enfants dans leur école de proximité. 
Nous dénonçons cette instrumentalisation douteuse de la loi de 2005 qui justement pose le principe de l’intégration scolaire des enfants en situation de handicap dans les meilleures conditions.
Nous rappelons que la loi précise bien que si les dispositifs adaptés n’existent pas au plus près de chez eux, les parents peuvent scolariser leurs enfants dans autre établissement qui répond mieux à leurs besoins. L’école Carle Bahon accueille justement les enfants sourds depuis de nombreuses années, grâce à des enseignants et des professionnels rompus à l’accompagnement très spécifique des élèves sourds (enseignement en Langue des Signes française, en Langage Parlé Complété, séances d’orthophonie, de psychomotricité), en lien avec le centre pour jeunes sourds Kerveiza.
Nous dénonçons également le détournement des moyens alloués aux enfants sourds pour pallier cette fermeture de classe. L'enseignante spécialisée qui devrait leur être dédiée va désormais devoir gérer un groupe bien plus important d’enfants sourds et entendants.

Nous renouvelons notre demande de « labellisation » de l’école, calqué sur le modèle des réseaux d’enseignement prioritaires, qui permettrait de garantir des effectifs limités dans les classes accueillant des enfants sourds.