Actualités surdité




Comment les travailleurs sourds et malentendants peuvent-ils financer leurs appareils auditifs ? Pour leur permettre une prise en charge complète, l'Agefiph (association de gestion du fonds pour l'insertion professionnelle des personnes handicapées) adapte, dès avril 2017, son aide « prothèse(s) auditive(s) ». Celle-ci s'inscrit désormais en complément d'autres financements mobilisables tels que la Sécurité sociale, la PCH (Prestation compensation handicap), la mutuelle... Un régime « d'exception » puisque les dispositifs médicaux sont en principe exclus du champ d'intervention de l'association. Depuis 1987, l'Agefiph finance des aides destinées à compenser le handicap des personnes exerçant une activité professionnelle.

Renouvellement tous les quatre ans

Depuis début avril, l'aide « prothèse(s) auditive(s) » est donc calculée sur la base du « reste à charge » supporté par le bénéficiaire, sachant que l'aide maximale s'élève à 700 euros pour un appareil et à 1400 euros pour deux appareils. Un mode de financement semblable au tiers-payant. « Le renouvellement sera possible tous les quatre ans ou lorsqu'une dégradation des performances de l'appareillage, ou une aggravation du handicap, sera observée », explique l'association dans un communiqué, publié le 10 avril. De quoi apporter une réponse plus appropriée au besoin des personnes en limitant le reste à charge financier…

Deux nouveaux critères pris en compte

Cette décision tient également compte de deux évolutions réglementaires récentes. Premièrement, le dispositif de tiers payant, qui a été étendu aux aides techniques et aux autres aides financées par la PCH. Ensuite, le fait que la PCH peut désormais être sollicitée pour des aides techniques achetées ou louées sur la base de la facture correspondante. En pratique, la personne en situation de handicap dispose de six mois, après la date d'achat ou de location, pour déposer sa demande.

Une mesure du CIH concrétisée en 2018 ?

Jusqu'à présent, le demandeur devait impérativement déposer son dossier à la MDPH avant de procéder à l'acquisition de son aide technique. Par ailleurs, la mise en œuvre de l'amélioration de la prise en charge financière des audioprothèses annoncée par le Comité interministériel du handicap (CIH) de décembre 2016, devrait être mise en œuvre courant 2018, souligne l'association.

© Richard Villalon / Fotolia


Soir mag Santé lundi 3 avril 2017, 14h53

Les appareils auditifs sont de plus en plus performants. Mais depuis trois ans, des scientifiques testent la régénération des cellules cillées sensorielles qui servent à l’audition. Un défi carrément révolutionnaire.

Les premiers essais de thérapie génique sur cobayes humains, dans le but de vaincre la surdité, ont eu lieu à l’Emory University de Kansas City (États-Unis) en octobre 2014. Où en est-on aujourd’hui ? C’est ce que nous avons demandé au Pr Philippe Lefèbvre, chef du service ORL (ULg-Sart Tilman), qui travaille sur le sujet en collaboration avec le centre de recherche GIGA-Neurosciences. Mais avant de répondre à la question, revenons à la genèse de ce projet incroyable qui, le jour où il sera parfaitement au point, pourrait permettre à 360 millions de personnes malentendantes dans le monde (dont 30 millions d’Européens) de réentendre craqueter les cigales et grésiller la sonnette de leur porte d’entrée. Un défi majeur… La thérapie génique a en effet pour objectif non seulement de régénérer les cellules cillées sensorielles présentes dans la cochlée (partie de l’oreille interne servant à l’audition) mais aussi d’induire la formation de nouvelles cellules cillées. Celles-ci (qui ressemblent à de longs cils, d’où leur qualificatif) servent à produire, dans l’oreille interne, les signaux électriques en réponse aux vibrations. Autrement dit : pas de cellules cillées, pas d’audition. Pour ce faire, les chercheurs ont imaginé l’introduction dans la cochlée d’un gène appelé Atoh 1 propice à induire la régénération de ces cellules cillées. Et le résultat fut concluant chez le cobaye. L’étude américaine fut ensuite reportée sur le singe, passage obligé avant l’humain. Et, là aussi, la faisabilité de la thérapie génique fut démontrée, de même que son absence de toxicité. « L’expérience chez l’animal s’est montrée intéressante car on y a observé les cellules se reconnecter par elles-mêmes aux neurones », nous explique le Pr Philippe Lefèbvre.

C’est ainsi qu’à Kansas City, en 2014, une quarantaine de sujets humains sourds profonds ont pu bénéficier des premiers essais thérapeutiques… « Les résultats de cette étude américaine n’ont pas encore été publiés, prévient le Pr Philippe Lefèbvre, mais il circule que le gène Atoh 1 induirait en effet la restauration des cellules cillées vestibulaires (contribuant à l’équilibre) et il semblerait par ailleurs que chez quelque cinq ou six patients atteints de surdité profonde, on ait observé une petite amélioration. » D’un point de vue clinique, chercheurs et médecins ont aujourd’hui encore beaucoup de peine à comprendre pourquoi certaines personnes sont atteintes de surdité. Sont-ce leurs cellules cillées ou plutôt certains neurones qui sont morts ? « L’idée est de comprendre les mécanismes qui aboutissent au développement de l’oreille car ce sont les gènes impliqués dans ce processus que l’on va utiliser pour régénérer les cellules cillées, précise le Pr Lefèbvre. Ainsi, si vous supprimez le gène Atoh 1, vos cellules cillées resteront immatures dans l’oreille. En découvrant ces mécanismes qui permettent la formation des cellules cillées, nous pourrons dégager les outils nécessaires pour réparer l’oreille et recréer de nouvelles cellules fonctionnelles. » « Je suis certain qu’un jour il sera possible d’implanter près de la cochlée une micropompe qui délivrera une ou plusieurs substances qui, selon les cas, produiront de nouvelles cellules cillées ou stimuleront celles qui persistent encore. Mieux : elles éviteront qu’elles ne meurent, ce qui retardera l’apparition de la surdité », expliquait le Pr Jean-Luc Puel, directeur de l’Institut des neurosciences de Montpellier dans une interview accordée au magazine « Sciences et Avenir ». Cela dit, jusqu’à présent, les résultats en matière de thérapie génique, quoique prometteurs, se sont montrés partiels et guère durables dans le temps (ils s’épuisent après quelques semaines). Dans le meilleur des cas, la thérapie génique devrait s’adresser, dans les années qui viennent, à ceux qui ont perdu leur capacité auditive, soit parce qu’ils ont subi un traumatisme sonore important, soit qu’ils aient consommé certains médicaments (antibiotiques de type amino-glycoside ou dérivés du platine) ou encore qu’ils souffrent de « presbyacousie » génétique (perte au niveau de la structure neurosensorielle), une affection qui atteint une personne sur trois à partir de 63 ans. En attendant, il est donc essentiel de préserver du bruit et de la pollution cet organe fragile qu’est l’oreille, car les cellules cillées ne se régénèrent jamais spontanément.

Entendre de ses deux oreilles

Opter pour un appareil auditif (ils sont de plus en plus performants et de moins en moins visibles) est une excellente solution. Hésiter à en porter en estimant que « cela fait vieux » fait oublier qu’il n’y a rien qui vieillisse davantage que de faire sans cesse répéter son interlocuteur faute d’avoir capté ses propos. « Il ne faut pas oublier non plus que l’appareil auditif doit être porté aux deux oreilles, conseille le Pr Lefèbvre. Quand vous achetez des lunettes, vous ne vous posez pas la question de savoir si un monocle ferait plus jeune, n’est-ce pas ? »

Myriam Bru.


Agenda événements culturels accessibles (35)

 

Un nouvel outil vous permet de repérer sur un seul site tous les événements culturels d'Ille-et-Vilaine accessibles aux personnes sourdes et malentendantes (visuel, LSF, boucles magnétiques....).

 

Il y a une possibilité de recherche par date, par ville ou encore par mots-clefs !

 

https://openagenda.com/cultureaccessiblesourds


Pour les étudiants : Appel à candidature

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

           C'est ici que ça se passe :  http://www.bourses-fedeeh.fr/candidature

 

 


Enfants sourds: le monde des signes au cœur d'une classe bilingue à Rennes

Par AFP, publié le 09/02/2015 à 11:49, mis à jour à 11:49

Maxime Bouhours (g), enseignant de la langue de signes à l'école Châteaugiron-Landry, de Rennes, dans l'ouest de la France, le 5 février 2015

afp.com/Jean-Sébastien Evrard


Rennes - Des tables, des chaises, un tableau blanc, des pots de crayons de couleur, des élèves: à première vue, rien ne distingue des autres la classe de "CP-CE1 LSF" de l'école Châteaugiron-Landry à Rennes. Hormis le silence.


Et, au mur, une affiche représentant l'alphabet en langue des signes française (LSF), destinée aux élèves sourds de cette section bilingue, unique en Bretagne. 

Coups de coude, tortillements et gigotements quelques minutes avant la récré... Aidés de leur enseignant sourd, souvent accroupi à leur hauteur, qui échange avec eux des signes fluides et rapides, trois jeunes élèves localisent et écrivent sur leur carte de la Terre ses deux hémisphères et l'équateur.  


C'est un petit groupe de parents qui a réclamé l'ouverture de cette classe, dans la foulée de la loi du 11 février 2005 permettant aux parents d'enfants sourds de les scolariser, au choix, en parcours ordinaire ou bilingue "langue des signes française/français écrit". 

Elle a accueilli ses premiers élèves en 2012, malgré des difficultés liées au manque d'enseignants sourds ou maîtrisant la langue des signes, bannie de l'enseignement pendant près d'un siècle entre 1880 et les années 1980. 


Pilotée par Kerveiza, une institution d'accompagnement d'enfants sourds, en partenariat avec la ville de Rennes et l'Éducation nationale, elle scolarise une petite dizaine d'élèves, répartis entre la maternelle et le CP-CE1, tous nés de parents sourds. 

Grâce à ce parcours bilingue, choisi majoritairement par les parents sourds, la scolarité de leurs enfants est à mille lieues de ce que la plupart ont connu dans leur enfance: "j'étais en classe d'intégration, noyée, je ne pouvais pas communiquer, je criais, j'étais stressée, nerveuse", se souvient Stéphanie Crozat, née de parents entendants et qui a choisi la classe bilingue pour "l'épanouissement" de ses enfants.  

"Je naviguais entre les deux mondes, je ne trouvais pas ma place", renchérit une autre mère d'élèves, Jessica Jouanneau. "Ici, les enfants sont autonomes. Il n'y a pas d'accompagnement spécifique, mais un dialogue plus direct avec le professeur, c'est mieux". 


Ouverte sur les classes d'élèves entendants, notamment au travers d'ateliers communs, la classe bilingue fait la part belle au numérique et à la vidéo, "primordiale" dans l'enseignement d'une langue gestuelle, où le moindre mouvement fait sens, selon l'enseignant d'élémentaire, Maxime Bouhours. 


Pour ces élèves dont la LSF est la langue maternelle, l'enjeu de ce parcours est de taille, car l'enseignement de, et en, langue des signes leur offre un "modèle linguistique de qualité leur permettant par la suite d'entrer dans la langue française écrite", explique Xavier Debroise, chef de service de Kerveiza.  


A la clé : l'accès aux études supérieures, qui reste un parcours du combattant pour les personnes sourdes, victimes d'un taux d'illettrisme important. 

"On a fait le choix de cette classe bilingue pour que l'avenir de nos enfants soit aussi radieux que pour les entendants, qu'ils puissent acquérir des connaissances pour avoir une scolarisation normale, accéder à un niveau supérieur, voire l'université", témoigne Stéphanie Crozat, mère de deux enfants scolarisés dans cette section. 


L'enseignant offre aussi aux enfants un "modèle" adulte : "ils peuvent se dire : voilà, quand je serai grand je serai peut-être sourd mais je pourrai être aussi enseignant, ils ont l'image d'un adulte sourd avec une certaine position", souligne Xavier Debroise.  

Si la loi de 2005 donne aux parents le choix du parcours scolaire de leur enfant, "le dialogue a été difficile" avec l'académie pour l'instaurer, affirme Stéphanie Crozat. "On savait qu'ils faisaient des efforts mais c'était difficile, on ne pouvait pas mettre ça en place d'un coup de baguette magique", d'autant qu'au début "il n'y avait pas de professeurs sourds enseignant la langue des signes".  

Le capes de LSF a été instauré en 2010 et il n'existe pas de spécialité LSF au concours de professeur des écoles. 

"Depuis la loi de 2005, l'évolution est très lente, c'est à nous de pousser pour que les gens se réveillent et pour montrer que ça fonctionne''", reconnaît Jessica Jouanneau. 

Par AFP


 

La première école bilingue du département de l'Aube a ouvert ses portes cette année !

 

Voici l'article de Sourd.net, que l'on peut retrouver ici :

 

 

Pour la première fois dans l’Aube, une classe d’élèves sourds s’est ouverte hier matin. L’école Guingouin accueille huit élèves habituellement scolarisés au centre Chanteloup.

Hier matin, Dany et ses copains ont pris place face à Vanessa dans la nouvelle salle de classe spécialement aménagée

Ici, les signes ont remplacé la parole. Ici, Dany et ses amis peuvent étudier dans des conditions réelles. Seule différence par rapport à leurs autres camarades dits « entendants » dans les classes autour, ces huit enfants sont sourds.
En quelques mois, le centre Chanteloup a réussi à mettre en place cette innovation grâce à l’entière implication de la municipalité et de l’école, avec l’aval de l’Éducation nationale. Profitant d’une classe libre au sein du groupe scolaire, une salle a été spécialement aménagée pour accueillir ces petits élèves. Juste à côté, un espace a été créé pour accueillir les séances avec l’orthophoniste deux à trois fois par semaine.
Jusqu’alors, ces enfants suivaient leur scolarité à deux pas de là, dans le confort du centre. Mais depuis hier, ils se mêlent aux autres, se confrontant au rythme des enfants ordinaires. « C’est préparer leur avenir », insiste la directrice de Chanteloup, Marie-Odile Velut.
Ils viennent de l’agglo, de Bar-sur-Aube ou de Villenauxe et ont le niveau primaire. Leur enseignante, Vanessa, aidée par Philippe, éducateur, leur dispense l’enseignement classique en suivant les horaires du groupe scolaire.
L’intégration à Guingouin est naturelle. L’an passé, l’ensemble de l’école a travaillé sur un projet pédagogique dédié à la langue des signes. Comme un geste de bienvenue.
Même si certains avouent un peu d’appréhension, tous s’estiment heureux de ne plus être séparés des autres. « Pour discuter avec les entendants », dit Dany. « Parce que la cour de récréation est plus grande », ajoute Mathis.


Message des parents d'élèves de l'école Carle Bahon de Rennes, suite a leurs actions :
 
Ecole Carle Bahon : l’Inspection Académique fait la sourde oreille
 
Ce matin devant l’école maternelle Carle Bahon, nous, parents d’élèves, étions mobilisés contre la fermeture d’une classe et la dégradation des conditions d’accueil pour nos enfants, dont 11 élèves sourds qui sont scolarisés à l'école maternelle.
En effet avec 1 classe en moins, l’école compterait 3 classes de 28 élèves dont une qui intègre 4 enfants sourds et une de 36 élèves dont 7 enfants sourds !
Déjà inacceptables dans une école classique, de tels effectifs sont totalement aberrants lorsqu’on souhaite y intégrer des enfants sourds et malentendants. Ces derniers nécessitent en effet une attention toute particulière et ont besoin d’un environnement de travail calme.
L’Inspection Académique, faisant fi de la réalité des conditions d’enseignement dégradées que ces sureffectifs entrainent, nous renvoie à la loi de 2005 qui donne la possibilité aux parents de scolariser leurs enfants dans leur école de proximité. 
Nous dénonçons cette instrumentalisation douteuse de la loi de 2005 qui justement pose le principe de l’intégration scolaire des enfants en situation de handicap dans les meilleures conditions.
Nous rappelons que la loi précise bien que si les dispositifs adaptés n’existent pas au plus près de chez eux, les parents peuvent scolariser leurs enfants dans autre établissement qui répond mieux à leurs besoins. L’école Carle Bahon accueille justement les enfants sourds depuis de nombreuses années, grâce à des enseignants et des professionnels rompus à l’accompagnement très spécifique des élèves sourds (enseignement en Langue des Signes française, en Langage Parlé Complété, séances d’orthophonie, de psychomotricité), en lien avec le centre pour jeunes sourds Kerveiza.
Nous dénonçons également le détournement des moyens alloués aux enfants sourds pour pallier cette fermeture de classe. L'enseignante spécialisée qui devrait leur être dédiée va désormais devoir gérer un groupe bien plus important d’enfants sourds et entendants.

Nous renouvelons notre demande de « labellisation » de l’école, calqué sur le modèle des réseaux d’enseignement prioritaires, qui permettrait de garantir des effectifs limités dans les classes accueillant des enfants sourds.


Séjours de vacances bilingue

 

Chaque été mais également pendant les fêtes de fin d’année, le service vacances de Compiègne, en collaboration avec Loisirs Éducatifs de Jeunes Sourds, organise des séjours de vacances à destination des enfants et adolescents sourds et malentendants.

 

Ces vacances sont encadrées par une équipe composée d’animateurs et animatrices bilingues – Français / Langue des Signes Française – afin d’accueillir dans la langue de leur choix les participants.

 

Ces séjours proposent aux enfants des activités ludiques et accessibles à travers le jeu, la découverte et la participation de chacun à la vie quotidienne 

Tél. : 03.44.20.73.82 e-mail : sv-lejs@eedf.asso.fr